Réaction à la mort accidentelle de deux jeunes individus, l’embrasement d’un bon nombre de cités est aussi une réponse aux provocations de Nicolas Sarkozy. Les médias sont de véritables faire-valoir. Parce qu’on le voit à la télé, seul le "vu à la télé" leur concède de la valeur aujourd’hui… Les images "d’horreur et de violence" relayées par la télévision dans les autres pays européens leur font dire que notre démocratie est en crise.

Ce qui caractérise une société c’est son mode d’organisation autour de valeurs, dont sont exclus un nombre de plus en plus grand de personnes :

Notre société fabrique des exclus :

En quoi ne sont-ils pas intégrés dans notre société ? Quelles sont donc ces valeurs fondatrices ? Quels sont les outils nécessaires à une meilleure intégration ?

I- Ils n’ont pas de sentiment d’appartenance

Dans la société :

  • On refuse le droit de vote aux immigrés d’origine non européenne aux élections locales, ainsi que toute possibilité de participer à la vie de la Cité. Mais pourquoi en aurait-on l’envie ?
  • Le sentiment d’appartenance à une nation semble ne plus exister. La professionnalisation de l’armée ayant entraîné la suppression du service militaire, il n’existe alors plus d’outil permettant aux nouvelles générations de se sentir utile et nécessaire à la survie de l’Etat. L’Etat n’est-il pas alors envisagé comme une simple et vulgaire machine à sous ?
  • On se déplace en bande (seul lien collectif) parce que l’on a peur de se déplacer seul (quand on a la haine au cœur on pense que ce même sentiment est partagé par tous).

Dans l’entreprise :

  • A l’heure actuelle, avec la mise en place des Contrats Nouvelles Embauches ainsi que la diminution du nombre de contrats à durée indéterminée, il faut être chanceux pour trouver un stage ou un CDD. La précarité professionnelle ne laisse plus place à la culture d’entreprise. Un autre sentiment d’appartenance disparaît.

On ne brûle pas par revendication, mais par absence d’un sentiment de solidarité. Alors on brûle :

  • Ces voitures qui ne nous appartiennent pas et qu’on ne pourra jamais se payer, pourquoi ne pas les brûler ? Un feu de joie comme sur la plage l’été, est le moyen le plus visible et le plus mobilisateur d’acteurs publics. Cette mobilisation du maire, des flics ainsi que des pompiers leur permet, pour un laps de temps certes, de faire converger sur eux toutes les attentions (tiens on s’occupe et on parle de nous).
  • Cette école de quartier, principal outil de reproduction d’inégalités, leur premier lieu d’exclusion
  • ce bâtiment public quand il est fermé et non parce qu’il représente une quelconque institution (concevoir l’institution serait déjà un premier apprentissage civique).

II- Cela traduit un modèle que je défends, et que je revendique, un vrai modèle républicain plus égal, plus fraternel, où l’on se sent plus libre parce que la liberté se conçoit lorsque l’on en connaît les bornes (article 4 de la DDH)

Pour cela il faut des outils :

  • Bravo Mr de Villepin qui reconnaissez, un peu tard, vos erreurs en ayant diminué les subventions versées aux associations travaillant dans les quartiers.
  • Mauvais point M. Sarkozy qui dans les faits avez supprimé la police de proximité (PUP) (10% d’effectifs de police en moins au commissariat de Sucy)

Pour cela il faut du respect :

  • Nulle est la volonté affichée par Mr Sarkozy de vouloir nettoyer au karcher les gens de couleur (c’est comme cela en tout cas qu’ils l’ont ressenti)
  • Le respect des croyances dans une France laïque (on le fait aujourd’hui mais c’est un peu tardif)
  • Il est souhaitable de rétablir un service civique qui n’implique pas de se morfondre pendant un an à balayer les casernes, mais qui consisterait à cultiver la solidarité entre gens d’une même nation partageant des mêmes valeurs.