Sanctionner les parents d’enfants délinquants, cette vieille idée relancée par Sarkozy, n’a toujours pas prouvé son efficacité en plus de 40 ans.

Cette mesure, assortie de sanctions financières et pénales, a été présentée comme la seule réponse pertinente à la crise croissante de notre Etat providence. Si seulement le décret du 8 février 1966, prévoyant déjà des amendes et des peines d’emprisonnement pour les parents démissionnaires, avait prouvé son efficacité y aurait-il eu en 2005 une « crise des banlieues » ?

Les mesures coercitives accompagnant le dit contrat ne feront qu’aggraver et amplifier les situations de détresse vécues par ces familles.

Supprimer les allocations familiales parce qu’un des enfants a mal agi revient à sanctionner les autres frères et soeurs qui n’ont pourtant rien fait. En pénalisant l’ensemble de la famille, on rajoute aux registres des difficultés rencontrées par les familles (chômage, logement insalubre et confiné, maladies…) l’appauvrissement financier ainsi que les violences verbales ou physiques, lorsque la responsabilité de la faute commise par l’enfant sera recherchée.

La responsabilisation des parents doit s’inscrire dans une démarche d’accompagnement et d’assistance et non pas dans un cadre répréhensible.

Comment des adultes ayant, pour la plupart, connu l’échec scolaire et parfois la discrimination raciale ou religieuse peuvent vouloir sciemment que leurs enfants rencontrent les mêmes difficultés ? Chaque parent souhaite le meilleur à ses enfants, sans distinction de classe sociale ou d’appartenance religieuse. Pour que les générations futures puissent avoir confiance dans les institutions françaises et les respectent, ne faut-il pas d’abord que leurs parents les connaissent et les comprennent ?

Alors, travaillons ensemble, main dans la main en proposant aux plus démunis des actions orientées vers « l’apprentissage citoyen ».

A Limeil-Brévannes, le Centre Social des Quartiers de Limeil, en relation avec le CCAS travaille en ce moment même à la mise en place d’une « Mission d’Accueil et d’Intégration ». Cette action vise particulièrement les nouveaux arrivants sur le territoire communal. L’objectif principal est d’accompagner ces personnes en difficultés en matière d’accueil, d’information et d’orientation vers des solutions adaptées à leur situation personnelle, familiale et/ou professionnelle. En considérant qu’une meilleure connaissance de l’environnement dans lequel ces individus évoluent facilitera leur intégration et leur autonomie, il paraît nécessaire de les prendre en mains dès leur arrivée afin d’anticiper les difficultés qu’auraient eux ou leurs enfants à rencontrer. Lorsque ces individus auront réussi à s’approprier l’espace dans lequel ils vivent, ils n’auront alors plus possibilité de le discréditer et/ou de le dénigrer.