C'est pour s'opposer à la délocalisation d'une usine et la perte de 150 emplois dans sa circonscription que Jean Lassalle refuse de s'alimenter. Représentant du peuple à l’Assemblée Nationale, ce député semble vouloir corriger les effets pervers d'une politique menée par un gouvernement qu'il soutient, entraînant de nombreuses délocalisations jugées inéluctables.

Ce geste fort paraît être celui d'un homme qui croit à l’action politique, sans y trouver la pleine traduction de ses idées. C'est à la gauche de rougir d'un tel aveu d'impuissance : comment un homme de cette trempe peut-il être de droite, si ce n'est parce qu'il pense que la couleur politique d'un gouvernement ne change rien aux désastreuses conséquences humaines d'un modèle économique qu'il prône ou peine à réformer ?

NON à cette politique aveugle hurle ainsi le député béarnais, comme nous autres l'avons dit nombreux dans l'urne le 29 mai ou le manifestons dans la rue aujourd'hui. Nous sommes ainsi obligés de cultiver la culture du refus de toutes les précarités, faute de perspective constructive.

A gauche on se tutoie facilement, mais c'est à toi, Jean Lassalle, dans la vision d'une politique humaniste, que je veux dire : " fraternellement, camarade ".

Joseph ROSSIGNOL Ancien responsable syndical Ancien député du Val de Marne Maire divers-gauche de Limeil-Brévannes

(article publié dans "Le Monde" du 14/04/06.)