Le développement durable n'a de sens qu'avec la prise en compte de ses trois composantes : sociale, environnementale et économique, parfois difficilement conciliables.

Avec ses 693 hectares et 18000 habitants, à quelques kilomètres de Paris, la ville attire les promoteurs qui s'attaquent aux grandes parcelles disponibles, menaçant la verdure, l'atout fort de notre ville, et modifiant son équilibre sociologique. Limeil-Brévannes, qui avait 28% de logements sociaux lorsque la gauche a repris la mairie en 1995, n'en possède plus que 24 % aujourd'hui. Nous avons pourtant la volonté de construire en même temps des logements sociaux mais qui tardent à sortir de terre, les permis de construire étant systématiquement attaqués.

Nous avons l'ambition de construire le premier quartier de développement durable en France. D'un point de vue économique, cette opération doit être équilibrée et la négociation avec les propriétaires fonciers est d'autant plus difficile lorsque d'autres opérateurs leur offrent un prix nettement plus élevé pour leurs terrains. Car, d'un point de vue social, nous imposons une double mixité de logements, à la fois locatifs sociaux (30%) et privés (20%) et en accession sociale (20%) et privée (30%).

Les normes environnementales drastiques que nous imposons aux promoteurs, augmentent de 20% les coûts de construction. La récupération pour une réutilisation des eaux pluviales, la production d'une énergie renouvelable sur site, la volonté d'un quartier sans voiture avec les difficultés d'accès aux parkings, les espaces verts et équipements publics nécessaires alourdissent les coûts d'aménagement.

C'est ainsi que, pendant deux ans de concertation, nous avons dû convaincre opérateurs, élus et riverains. Car il nous faut augmenter le nombre de logements pour équilibrer l'opération, nouvelle entorse à notre volonté première, mais qui nous obligent à faire partager l'idée qu'on ne peut confisquer l'espace pour quelques uns et renvoyer les autres travailleurs parisiens en grande banlieue. Le rapport à la nature qui pousse chacun à vouloir son petit bout de jardin nous conduit à imposer une pièce verte pour chaque logement.

Viendra le temps de la réalisation, dont nous pressentons les difficultés. Nous avons en effet la fraiche expérience de la première école verte en France, produisant plus d'énergie qu'elle n'en consomme, qui ouvrira ses portes pour la prochaine rentrée scolaire ; les entreprises aptes à répondre aux normes que nous leur imposons, tel le triple vitrage, sont très peu nombreuses voire inexistantes en France.

Comme quoi nous devons être nombreux à nous pencher sur le berceau de l'expérience du développement durable si nous voulons qu'il grandisse !