Notre équipe municipale est depuis longtemps persuadée que, comme l'écrivait encore récemment Théo Klein, « Ce n'est pas dans l'affrontement, mais dans la coopération et le partage, que se situe l'avenir des Palestiniens et des Israéliens ».

Rencontrant un président d'association israélienne qui travaille au rapprochement des membres des deux Etats par des actions culturelles, je lui expliquais notre volonté de mener une action associant de jeunes israéliens, palestiniens et de jeunes brévannais. Arieh Shapir me mit en contact avec les élus de la ville belge de Louvain La Neuve qui avaient un projet similaire. Nous répondîmes donc ensemble au programme européen Euromed Jeunesse qui a pour but d'encourager les rapprochements entre les peuples de part et d'autre de la Méditerranée.

Il nous fallait trouver une association porteuse de ce projet. C'est tout naturellement vers notre association « horizon-espoir-solidarité »que nous nous sommes tournés. En effet, ma conception de la laïcité, vecteur de nos principes républicains mais non censeur, m'a incité à travailler avec les communautés religieuses présentes sur la ville qui connaissent par ailleurs mon agnosticisme. Réunies au sein de cette même association, catholiques, protestants, musulmans, juifs et personnes de bonne foi n'hésitent pas à confronter leurs opinions sur les problèmes de société au cours de séances publiques où le rabbin, le pasteur, le curé, l'imam et moi-même comme représentant de la société civile donnons notre point de vue. Le projet les enthousiasma immédiatement et la longue préparation permit cet été à quarante jeunes des quatre nationalités de se retrouver pendant dix jours à Limeil-Brévannes autour d'un programme de découverte de la région parisienne et d'échange, notamment sur les institutions et les droits de l'homme. L'année prochaine, cette rencontre sera organisée en Belgique, puis en Israël et qui sait en Palestine.

Décriée par notre opposition n'y voyant qu'un geste de générosité déplacé, cette initiative qui se déroule alors que le conflit fait rage au Proche Orient, place le citoyen au coeur de la vie politique internationale, et non simple spectateur de drames qu'il vit par média interposés. Cette action à laquelle tous les brévannais peuvent prétendre avoir participé, réduite à l'anecdote par certains, permet pourtant de redonner à l'action municipale, trop souvent réduite à une gestion quotidienne, le sens du politique.