Résister et construire
Par Joseph Rossignol, mercredi 9 mai 2007
1988 marquait la réélection de François Mitterand. Il y a donc vingt ans que la France n'a pas élu un président de gauche. Cette année, c'est le candidat d'une droite nouvelle qui a été choisi par les Français. Nicolas Sarkozy incarne un glissement de la droite républicaine et gaulliste, héritière d'une frange de la Résistance, vers une droite extrême et ultralibérale, jumelle du Parti Républicain de Bush et de l'alliance de Berlusconi. Avec l'avenir qu'il nous promet, il y a tout lieu d'être inquiets... et donc de résister.
La candidate de la gauche, que j'ai soutenue sincèrement pour le second tour, a souligné l'importance d'une recomposition politique sur de nouvelles bases, préoccupation dont je ne peux qu'être solidaire. Mais l'urgence de cette recomposition ne doit pas faire oublier la profondeur du débat qui doit la précéder et la clarté des positions qui doivent en sortir. La nouvelle donne imposée par les liens créés avec l'UDF de François Bayrou (qui n'est pas pour déplaire à Dominique Strauss Khan, partisan d'une révolution social-démocrate) ne doit pas faire oublier nos idées fondamentales. A mon sens, et alors que j'ai toujours été opposé au bipartisme, notre gauche doit être celle de la refondation sociale et du développement durable.
De son côté, la gauche alternative n'a pas non plus été en mesure de convaincre. Son éparpillement, l'absence de lisibilité de son discours, sa difficulté à imposer ses thèmes, pourtant centraux et déterminants (altermondialiste, mode de développement, Europe…) ont largement contribué à la faiblesse de son résultat. Les assises qui se tiendront à l'automne dans la perspective d'un nouvel espace politique à gauche seront un moment déterminant pour la gauche alternative. Elle y jouera même son avenir : parvenir à s'unir et à rassembler, là est l'enjeu.
A Limeil-Brévannes, nous pouvons nous féliciter de la victoire de la gauche. Avec 51,15% pour Ségolène Royal, et une participation particulièrement élevée, c'est pour nous un succès ; même s'il ne doit pas faire oublier la tendance nationale. La campagne pour les législatives et l'élection du député de notre circonscription doit maintenant être notre priorité électorale.
Alors que l'action locale se poursuit et s'amplifie, alors que de nombreux projets vont sortir de terre dans les mois à venir, la gauche brévannaise, comme à son habitude, continuera à résister aux injustices et à construire pour l'avenir.



Commentaires
Ajouter un commentaire