Bonjour à tous,

Merci d’être présents pour cette inauguration, qui est pour toute la ville un moment important et symbolique. Il est essentiel pour une commune de faire parler de ses projets, d’échanger avec l’extérieur pour s’enrichir. Votre venue démontre la capacité de Limeil-Brévannes à créer, à innover, et à servir d’exemple lorsqu’il s’agit de développement durable. Je suis donc très fier de votre soutien, de votre reconnaissance.

Je suis aussi ravi d’avoir auprès de moi Madame Marquèze et ses enfants. Sachez tout l’honneur que vous nous faites par votre présence.

Le projet de l’école Jean-Louis Marquèze a mobilisé tous les services de la ville et les entreprises partenaires (cabinet d’architecture Goldstein, Auris, Tribu, Tenesol), que je remercie vivement pour ce travail admirablement réussi.

Je pense qu’aujourd’hui, à l’heure ou les enfants ont enfin intégré cette école, l’attente, la patience, ô combien nécessaire, des professeurs sont enfin récompensés. Comme vous avez pu le constater en vous promenant dans les lieux, cette école est un lieu où l’excellence a été recherchée, et j’espère que ce sera un véritable plaisir pour les enfants, les instituteurs, le personnel de travailler dans un endroit que l’on a souhaité agréable et adapté.

Je veux profiter de cet instant où nous sommes tous réunis pour rappeler les fondements de l’école à énergie positive.

Car tout s’entremêle : comme je l’ai dit, ce projet brevannais est une innovation qui va servir de référence partout en France, et même dans le monde, puisque le Ministre chargé de l’énergie de Thaïlande s’apprête à venir visiter en début d’après-midi le bâtiment. Mais c’est aussi parce que cette réalisation a un sens, parce qu’elle prend en compte l’obligation que nous avons tous de préserver notre développement, notre environnement, que les brévannais se sont sentis concernés, impliqués. Ce sont eux qui ont fini par faire de cette idée neuve une idée brévannaise. Nous avons tous pris conscience de l’urgence, et ensemble, nous avons décidé d’agir. Au final, constatons qu’il ne suffit pas de grand-chose, juste du débat, du partage, une idée que beaucoup qualifient au départ d’utopique, pour produire des avancées solides grâce aux apports de chacun.

Le principe de construction de ce bâtiment est finalement assez simple, vous avez pu le voir avec les panneaux qui ont été posés tout au long du parcours de visite : mais c’est la première fois en France que pour une école, autant de techniques différentes sont rassemblées pour parvenir à produire plus d’électricité qu’il n’en sera consommé. L’apport naturel du soleil et de l’eau ont été exploités au mieux dans une surface de terrain contrainte en recherchant la meilleure exposition du bâtiment par rapport au soleil, la récupération et l’infiltration directe des eaux pluviales, la chaleur de la nappe phréatique.

Dès que le raccordement sera réalisé, enfants et parents pourront aussi voir défiler en temps réel sur un écran plasma la quantité d’énergie consommée et, en regard, la quantité d’énergie produite, ce qui permettra bien à chacun de constater que l’objectif « énergie positive » affiché est atteint. Ce n’est que l’élément visible et terminal de tout le fabuleux travail accompli en amont par les institutrices pour expliquer la particularité de l’école aux élèves, dont quelques uns ont eu la chance de réaliser une exposition et de visiter l’école en chantier pour se préparer à leur rentrée.

Au final, on constate que l’électricité ainsi produite en surplus, une fois revendue à EDF, va permettre à la ville de rentabiliser l’investissement. Nous sommes donc parvenus à réaliser concrètement ce qui apparaissait comme une utopie sans provoquer de difficultés de gestion particulière pour la commune.

Si je tiens à préciser ce point, ce n’est bien sur pas pour m’en enorgueillir personnellement, mais bien pour démontrer que l’ouverture des financeurs extérieurs que sont le Conseil régional d’Ile-de-France, la Communauté d’agglomération Plaine Centrale, et l’ADEME a été un apport fondamental. Il y a dans leur geste le signe même que les esprits changent, que l’on se mobilise.

Le Grenelle de l’environnement qui s’est tenu à la fin du mois dernier a permis l’élaboration d’un plan qui comporte de nombreuses décisions d’action, que ce soit en terme de transports, de construction de bâtiments, ou d’énergie. Et je constate que l’école Jean-Louis Marqueze va déjà au-delà de ce qui a été préconisé lors de ce fameux Grenelle. Nous sommes parvenus à anticiper les mesures et à aller plus loin encore.

A présent, maintenant que nous avons pu nous promener dans les couloirs de l’innovation, il faut que je vous parle du reste. Car il n’y a pas que l’école. Il y a le Quartier des Temps Durables. Et l’on ne peut pas comprendre les raisons de cette première construction si l’on ne sait pas que c’est toute la ZAC de la Ballastière qui s’apprête à être réaménagée dans le but de construire un eco-quartier complet, qui englobera l’école.

Il s’agit là aussi d’une première en France, et force est de constater que nous pouvons tous être fiers d’être brevannais aujourd’hui. Nous restons une ville à taille humaine, l’une des rares à ce jour qui ait encore pu, aussi près de Paris, résister à l’urbanisation galopante. Aujourd’hui, la pression est si forte qu’il me semble nettement préférable de pouvoir, en apportant des projets de ce type, être les acteurs de notre urbanisation pour mieux en dessiner les contours. Pour une fois, une école, pensée dans sa modularité, sera construite avant le nouveau quartier.

Permettez-moi, pour en finir, ce plaidoyer pour le développement durable

La question m’est souvent posée : pourquoi vous ? Pourquoi est-ce à Limeil-Brévannes que les premières réalisations concrètes en France de bâtiments scolaires s’inspirant du développement durable voient le jour ?

Je rappelle en général mon attachement, celui de la municipalité, à projeter notre ville dans l’avenir, à traduire dans le réel sinon notre idéal, à tout le moins nos idées, et en ce qui concerne plus particulièrement notre école, à la priorité budgétaire donnée à l’éducation.

Mais depuis cet été, après avoir lu ce livre déjà vieux d’un homme de science qui n’est pas tout jeune, Albert Jacquard, dont le titre est « l’équation du nénuphar » , je peux d’une manière plus pédagogue, dans ce milieu scolaire, illustrer mon propos.

Connaissez-vous l’équation du nénuphar ? Ces nénuphars ont cette particularité de se reproduire tous les jours. Placés dans un étang, ils sont le lendemain deux fois plus, le surlendemain quatre, jusqu’à ce qu’au bout de trente jours, trop nombreux pour la surface de l’étang, ils ne puissent plus se reproduire, victimes de leur développement. Mais combien étaient-ils le 29ème jour ? 1/30ème fois moins aurait-on tendance à répondre sans réfléchir, après réflexion la moitié seulement, bien sûr. Mais au bout de combien de jours n’occupaient-ils que 3% de la surface de l’étang? Réponse : le 25ème jour.

Et bien j’ai comme l’impression que nous sommes, dans notre développement économique moderne, à l’aube du 25ème jour, et que la surface de l’étang « terre » ne va bientôt plus suffire à notre développement. Que faire ?

Les plus défaitistes vont diront que le développement durable n’est que le dernier sursaut de notre système de développement. Peut-être, mais ne pas envisager un mode de développement différent, c’est se résigner à ne pas regarder des deux côtés de la route avant de traverser sous prétexte que nous sommes mortels.

Nous ne sommes pour autant pas obligés d’envisager un mode de développement moins consommateur d’énergie sous le couplet lancinant de ces dernières années qui consisterait, en un domaine de plus, de se serrer la ceinture.

Car cette école, vous l’avez constaté, s’inspire des grands principes du développement durable, et elle est aussi, dans la vie de tous les jours de nos enfants et des enseignants, accueillante.

Conciliant les contraintes économiques et environnementales, notre nouvelle école est viable : elle ne restreint pas les espaces, qu’ils soient de travail ou de convivialité - les classes elles-mêmes ne représentent que 21 % des espaces construits. Ce n’est pas se priver de lumière que d’utiliser des ampoules de basse consommation, que de faciliter la présence de la lumière gratuite du jour. Si le blanc participe de la luminosité des pièces, la couleur est aussi présente, et Rimbaud pourrait y décliner ses voyelles de toutes ses couleurs.

Equitable, elle s’adresse à tous les publics. Essaimage d’un groupe scolaire ZEP, construite dans un quartier pavillonnaire, elle veut exceller pour tous. Bientôt reliée par voie piétonne au nouveau quartier des « Temps durables », avec un animateur qui prendra en charge les enfants pour les amener à pied, elle ne néglige pas pour autant l’obligation de nombreuses familles de prendre leur véhicule avec la mise en place d’un arrêt minute.

Durable, elle consomme peu, enveloppée de tous ses matériaux innovants, éclairée de lumière naturelle à travers ses triples vitrages, son eau chauffée des sources du ciel et de la terre puisées par ses panneaux solaires et sa pompe à chaleur, attachée à ce que l’enfant, dès son plus jeune âge, soit en contact avec la nature, avec pour chaque classe maternelle son petit jardin privatif. Durable, elle pollue peu, et s’attache au recyclage et à la récupération des eaux pluviales. Durable, elle produit quantitativement l’énergie qui lui est nécessaire, qu’elle injecte dans le réseau mutualisateur qu’est EDF et que notre compagnie nationale saura nous restituer au fur et à mesure de nos besoins.

Cette école a un nom : Jean-Louis Marquèze, celui d’un homme qui dans sa fonction de premier maire-adjoint chargé des affaires scolaires, était attaché au-delà de sa famille politique, à ce que l’éducation soit dispensée à Limeil-Brévannes pour tous dans les meilleures conditions. Baptiser de son nom cette école, c’était le souhait partagé par toute la municipalité, notamment par Martine Soulié, notre maire ajointe chargée de l’enseignement malheureusement décédée depuis peu, et qui avait avec les enseignants et les parents d’élèves décidé du projet. Elle la rêvait cette école, c’était le combat de ses deux mandats, car nous savions qu’elle faisait défaut dans ce quartier. Je suis sûr que l’homme de foi Jean-Louis aurait fait siennes les thèses du développement durable pour que les enfants s’en emparent en premier.

Car c’est bien dans la foi d’un avenir joyeux que nous nous inscrivons. Nos enfants fêteront l’avenir que nous leur aurons préparé, et nous savons bien que c’est l’attention portée aux préparatifs qui font que la fête est belle.

Et c’est pourquoi à Limeil-Brévannes, nous voulons avec Jean-Louis Marquèze faire école.