En cette journée de lutte contre le sida, je ne peux m’empêcher de jeter un regard en arrière sur le chemin parcouru mais aussi sur le travail important qu’il nous reste à accomplir.

Cela fait 30 ans que les premiers cas de Sida ont été identifiés. En 2011, 150.000 personnes vivent en France avec le VIH et 33 millions de par le monde.

Derrière les avancées manifestes mais insuffisantes des traitements se cachent des réalités froides. Sur la difficulté qu’il y a à vivre encore aujourd’hui avec le virus du sida. Sur la place de relégation vers laquelle sont malheureusement renvoyés nombre de porteurs du VIH en étant discriminées en particulier en matière d’emploi ou d’accès aux crédits.
 
Je considère que l’objectif « Zéro » porté par les associations doit être notre visée. Il faut en effet atteindre « Zéro nouvelle infection. Zéro discrimination. Zéro décès ». Mais pour cela, il faut notamment une volonté politique forte, tant au niveau national qu’international, qui allie garantie de l’accès aux soins de qualité de tou-te-s. 
 
Or depuis 2002, en cassant la Sécurité sociale, l’UMP nous éloigne de cet objectif. Il faut faire table rase de ces contre-réformes scandaleuses et supprimer les franchises médicales, défendre l’hôpital public et porter la revendication de la création d’un pôle public du médicament contre le mercantilisme des laboratoires pharmaceutiques privés. 
 
Les associations de malades doivent aussi trouver toute leur place dans le système de santé et participer des nécessaires politiques volontaristes de prévention, de lutte contre les discriminations , d’éducation aux sexualités et à la santé sexuelle, ciblées selon les publics et les risques (personnes LGBT, usagers de drogue, prostitué-e-s, personnes en prisons, droit à la santé des étrangers malades…)

Il y a quelques semaines, mon amie Martine Billard , députée de Paris et co-présidente du Parti de Gauche, a fait un travail remarquable à l’assemblée pour dénoncer les restrictions portées à l’accès au séjour pour soins aux étrangers malades ou pour faire reconnaître la pénalisation des discriminations à raison de l’état de santé ou de l’identité de genre, au même niveau que celle pour racisme, sexisme ou à raison de l’orientation sexuelle. C’est dans les pas de telles actions concrètes au service du grand nombre que j’entends continuer à cheminer.